04/05/2007

Si j’étais français...

> Publié le vendredi 4 mai 2007
> Par Jean-Michel Javaux, Secrétaire fédéral

Si j'étais français...

 

Si j’étais français, en citoyen viscéralement attaché au pluralisme et à la démocratie, je me battrais pour instaurer une sixième république et réformer le système présidentiel français, de loin le moins démocratique de tous les systèmes politiques européens ! Et j’en profiterais aussi pour remplacer, par la proportionnelle, le scrutin majoritaire qui conduit à l’opposition stérile entre blocs et au partage des rentes de situation entre les vieux partis qui la dominent depuis des décennies et bloquent ainsi toute perspective de réforme sérieuse de la société.

Si j’étais Français, je militerais pour supprimer les pouvoirs démesurés dont dispose aujourd’hui le président de la République française : il peut dissoudre le parlement, son budget n’est pas soumis au contrôle parlementaire, il dispose d’une immunité juridique qui le met à l’abri de toute poursuite. Sa soit disant impartialité est une fiction. Sa patiente marche vers le pouvoir suprême ne peut se faire sans l’appui d’un parti auquel il doit ensuite renvoyer l’ascenseur. Et que dire quand un candidat comme Nicolas Sarkozy entretient des liens privilégiés avec des groupes privés qui vivent de marchés publics et qui contrôlent directement ou indirectement les médias.

Si j’étais français, je combattrais toute tentative de « berlusconisation » de la vie publique, à savoir d’emprise du politique sur les médias. Car nous savons bien que le pluralisme et la vitalité démocratique, n’existent pas sans médias réellement indépendants. En démocratie, le progrès ne vient jamais d’un seul homme, fut-il providentiel. Il ne vient pas non plus d’une seule organisation politique. Les écologistes ont appris qu’on n’a jamais raison tout seul, que rien de durable ne peut être construit sans le dialogue, le débat et la participation démocratique.

Si j’étais français, je combattrais donc les tentatives de confiscation de la pluralité démocratique et je dirais aux Belges de se méfier comme de la peste des velléités de ceux qui rêvent d’introduire en Belgique un scrutin majoritaire à la française. Sous le couvert d’une plus grande transparence, ils espèrent en réalité verrouiller définitivement leur emprise sur la vie politique. A leur grand bénéfice partisan. Mais au détriment du progrès, de la justice sociale, de l’émancipation de chacun et du développement durable.

Si j’étais français, j’agirais pour que les Verts français incarnent comme d’autres partis verts en Europe, la force moderne, réformatrice et de progrès dont nos sociétés ont besoin au XXIème siècle. Parce que sans partis verts forts et ouverts sur toute la société, les partis traditionnels restent englués dans leurs vieux intérêts et ne mettent pas en œuvre les politiques courageuses dont la planète a urgemment besoin.

Si j’étais français, je militerais aussi pour que mon pays redevienne un moteur de la construction européenne et du combat pour les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, loin de la culture de la peur sur laquelle le candidat Sarkozy tente aujourd’hui de capitaliser. J’apporterais donc mon appui à Ségolène Royal, en surveillant attentivement ses engagements pour une réforme des institutions garantissant la richesse de la vie démocratique sans laquelle, aucune politique écologique n’est possible.

Jean-Michel Javaux, secrétaire fédéral d’Ecolo.

23:04 Écrit par B.L. dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Oui... Je ne suis pas Belge, mais Français, alors, je pense, qu'avant de donner des leçons aux autres... vaudrait peut-êttre mieux balayer devant sa porte. Le sytème belge de la proportionelle (intégrale ?) est plutôt branlant...
Mais bon, votre analyse ,dans l'ensemble , tient la route...
La "construction" européenne... oubliez-là !
On n'en veut pas !

Écrit par : Candide | 05/05/2007

Ecolo ne m'intéresse pas !

Écrit par : Un citoyen sourd. | 05/05/2007

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