17/06/2007

Elections : pour que la grenouille ne s’endorme pas !

S’il y a bien une image qui a été retenue du film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », c’est celle de la grenouille qui ne quitte son bocal que lorsqu’on y verse de l’eau bouillante. Si on la tiédit progressivement, elle ne bouge pas et finit par être anesthésiée. Au lendemain des élections législatives belges, cette image peut encore nous inspirer. Dans la Belgique politique de l’après 10 juin, l’enjeu écologique et en particulier l’enjeu climatique semblent noyés quelque part entre la déroute des socialistes, la scission de BHV et la perspective d’une majorité orange-bleue...

Pourtant, il y a urgence ! Nous devons très vite débattre et agir collectivement pour lancer les mesures qui vont faire entrer l’économie belge dans l’ère de la sobriété énergétique et nous libérer des dictatures technologiques héritées du passé... S’imaginer que cela pourra se faire sans un changement fondamental de cap en matière fiscale, économique et sociale est une vue de l’esprit. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’écologisation du discours de certains lobbies comme la FEBIAC qui serait sur le point de parvenir à nous faire croire qu’il est possible de réduire de 75 pc nos émissions de Gaz à Effet de Serre tout en vendant de plus en plus de voitures (rappel : il y en a déjà 5 millions en Belgique), même moins polluantes...

On doit bien sûr se réjouir que la protection de l’environnement devienne une préoccupation de la société industrielle et des partis traditionnels, de gauche comme de droite. Mais on ne pourra vraiment s’en réjouir que lorsque notre société aura réduit radicalement son empreinte écologique globale et qu’elle aura cessé de presser les ouvriers, les employés et les cadres comme des citrons... avant de les jeter. La croissance de la Belgique a été de 3% en 2006 et elle sera de 2,5% en 2007. Très bien, se réjouit la Banque Nationale. Pourtant la violette (en ce compris le MR, même si c’est dans une moindre mesure) a été sanctionnée. Pourquoi ? On fera ici l’hypothèse que c’est parce que de plus en plus de citoyens jugent insupportable que cette croissance se fasse au prix d’une insécurisation sociale de plus en plus grande (et du maintien d’un taux de chômage à deux chiffres en Wallonie et à Bruxelles) et sans répondre du tout à l’attente d’un développement réconcilié avec la planète.

Comprendre que les urgences écologiques et sociales sont liées et mettre rapidement en œuvre des solutions originales pour y répondre, restent plus que jamais les tâches prioritaires de tous ceux qui ont envie que la grenouille ne s’endorme pas.

 

Benoit Lechat, ETOPIA

16:25 Écrit par B.L. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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