10/09/2009

Une Carrière à Bousignies sur Roc, des nuisance sur Montignies-Saint-Christophe

L’enquête publique concernant l’extension de la  carrière Dhordain, à Bousignies sur Roc, en France, se clôture ce vendredi 11 septembre.  La locale ECOLO Erquelinnes émet les plus vives réserves vis-à-vis de ce projet et souhaite apporter son soutien aux riverains regroupés dans le « comité de préservation de la vallée de la Hantes ».

 

La lecture de l’étude d’impact nous a laissés sur notre faim… On peut certes trouver dans ce résumé un relevé de différents risques inhérents à l’exploitation de la nouvelle carrière, à l’unité de traitement actuelle et à la piste de liaison à créer, mais on y trouve aussi une liste très peu détaillée des mesures à mettre en œuvre pour réduire ces risques. Et malheureusement … rien n’étant dimensionné, il est donc tout à fait impossible de mesurer ou analyser quoique ce soit !

 

Quelques remarques :

 

1 - Les tirs de mines

Rien ne garantit que des réglementations seront mises en place et respectées durant toute la durée de l’exploitation. L’appel à des spécialistes pour venir enregistrer le niveau de vibration lors des tirs ne sera pertinent que si nous avons la garantie d’une indépendance vis-à-vis des carriers ! 

De  plus, aucune étude vibratoire préalable n’a été effectuée sur le futur site de la carrière.

 

2 – Le bruit

- Bruit de fond des concasseurs

- Bruit des camions circulant entre les différents sites d’exploitation.

- Bruit supplémentaire lors de la présence d’une installation mobile de concassage (cela augmentera aussi la poussière et les rejets dans la Hantes)

 

Des mesures de contrôle des niveaux sonores seront réalisées. Par qui ? Nous voulons un contrôle indépendant avec communication des résultats aux autorités belges car Montignies-st-Christophe est sous les vents dominants (Sud-Ouest).

 

3 –Le charroi

Le charroi doit obligatoirement transiter par  la rue de la Thure. Cette voie communale est déjà en très mauvais état (puisqu’elle doit supporter le passage de 10 000 semi-remorques chargés et de 10 000  vides par an) ; la dégradation sera encore plus importante puisque le projet d’extension prévoit 500. 000 tonnes extraites par an, soit une augmentation du charroi de 2/3 !! 

Nous demandons que le charroi évite la rue de la Thure et passe par le chemin rural de Sains à Bousignies, ce qui pourrait se faire par un décret de Police.

 

 

4 – Les poussières

Le volume de poussières dues aux tirs de mine et au concasseur risque d’être important pour les riverains au vu les vents dominants (Sud-Ouest).

 

5 – L’emploi

Cette carrière se voulait familiale, mais elle sera englobée dans un grand groupe industriel en cas d’acceptation du permis. Quelles garanties aura-t-on alors quant au maintien de l’emploi sur le site ?

 

6 – La rivière

-          Selon l’étude d’incidence, « il existera un risque de pollution de la Hantes par les eaux d’exhaure de la carrière » C’est un risque INACCEPTABLE. La pollution se fera aussi par les dépôts de poussières sur et autour du pont, avec un effet désastreux sur les zones de fraye des truites fario qui ont été réintroduites.

-          Après avoir franchi la Hantes, la piste traverse 25 mètres de zone inondable sur la rive gauche de la Hantes. Mais comme elle est inondable, il sera impossible d’y creuser un bassin de décantation pour récolter les eaux qui dévaleront de la piste !

-          Un suivi de la qualité des eaux rejetées sera réalisé.  Par qui ? Selon quelle procédure et surtout quelle indépendance vis-à-vis du carrier ?

-          Le fossé drainant collecteur des eaux pluviales et les bassins d’infiltration  prévus devront absorber les eaux de la piste et celles qui viendront de bois très pentus (Bois de Beaumont) qui la surplombent. La pollution sera INEVITABLE car il n’y a pas d’endroit disponible pour créer des bassins de décantation d’une taille suffisante au bas de cette piste vers la Hantes. Pollution décuplée par le transport de roches déjà concassées puisque les éléments fins, perdus par les camions sur cette piste, seront beaucoup plus nombreux.

-          L’exploitant effectuera des analyses. Ces analyses doivent être réalisées par des organismes indépendants français et belges, certainement pas par l’exploitant.

 

6. - Les eaux souterraines

D’après l’étude d’incidence, les terrains concernés « ne recoupent aucun périmètre de protection  de captage public d’alimentation en eau de consommation humaine » Faux ! Le périmètre de protection du captage SWDE de Montignies recouvre la zone de la carrière projetée !! (Dans le dossier complet on peut lire « qu’il n’y a aucun captage d’eau potable dans un rayon de 10 km » alors que la SWDE exploite un captage à  600 mètres !)  La SWDE a d’ailleurs émis toute ses craintes concernant ce dossier qui devrait avoir une implication transfontaliere. Aucune étude hydro-géologique claire n’a d’ailleurs été réalisée.

 

A la lecture de l’étude d’incidence, on s’aperçoit que la zone frontalière belge d’Erquelinnes/Montignies-St-Christophe n’est pratiquement jamais citée, alors qu’elle est, bien plus que la France, concernée par les nuisances : les vents dominants viennent de la France chez nous  (risque de nuisances sonores et de poussières); la Hantes passe par Montignies-St-Christophe après être passée en France (pollution de l’eau, des captages souterrains), sans compter le passage d’un nombre très important de camions et les vibrations dues aux tirs de mine. Soulignons enfin le problème de la validité et de l’indépendance des contrôles …

 

Pour toutes ces raisons, La locale ECOLO d’Erquelinnes restera attentive à ce dossier et se battra aux côté des riverains et comités. Nous avons d’ailleurs pris contact avec le cabinet du ministre ECOLO Philippe Henry, représenté par son chef de cabinet adjoint lors de la séance d‘information du 2 septembre dernier.

Nous espérons par toutes nos démarches que le préfet du Nord de la France, à qui reviendra la décision sur ce dossier présenté par la société Dhordain, sera sensible aux objections des citoyens belges.

Le gros problème réside dans le fait qu’il s’agit d’un projet français, il y a donc un problème de législations différentes et des accords généraux à créer pour ce genre de problème transfrontalier, qui doivent être plus fréquent qu’on ne le pense.

 

 

 

Ariane Van Landeghem,

Secrétaire de la locale ECOLO d’Erquelinnes

GSM 0497/ 136308

TEL 064/771845

11:14 Écrit par B.L. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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